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Pascal PEREIRA-LEAL, pongiste paralympique. Un moral de vainqueur !

31/08/2012 13:05 par Christophe Martin

Londres 2012, c’est parti pour nos champions paralympiques du 29 août au 9 septembre.
4 000 athlètes de toutes les nations s’affrontent sportivement. Le handisport (handicap physique) et le sport adapté (handicap mental) se retrouvent enfin (lire APE 288). Pascal Pereira-Leal, premier Français qualifié, défend nos couleurs en tennis de table (sport adapté) ! Portrait


Ca y est ! Il est qualifié. Il fallait, pour cela, attendre la décision officielle du Comité paralympique français le 4 juillet. «?Je vise les meilleurs résultats : numéro 1. Au pire, numéro 2 », affirme-t-il. Pascal Pereira-Leal fait des phrases courtes. Il baisse les yeux, rentre en lui-même. «?Mon principal adversaire ? Le Hongrois Palos. Il a perdu contre le Coréen et un Français qui n’était que 20e. Il joue bien oui, mais je peux l’avoir. Il faut être bien préparé et donner le maximum. Aller jusqu’au bout. Si cela n’aboutissait pas pour x raison, je n’ai rien à me reprocher. » Il débite tout cela rapidement et reprend haleine. On le dirait presque face à la table renvoyant les balles, les assénant surtout. C’est mi-mai. Enfin le printemps est arrivé, et sur le parvis de l’hôtel de ville de Paris, les champions paralympiques font connaissance avec le public. Il fait chaud sous les tentes. Un vent, fort, fait tomber les panneaux dehors. Le handisport et le sport adapté sont ensemble en démonstration durant ce weekend du 25 au 27 mai. Pereira répond aux questions sous le chapiteau, très sollicité il doit bientôt aller faire une démonstration de ping-pong devant le public.

« Ça m’a sauvé »
« Il l’a bien dit : “le ping-pong, ça m’a sauvé ! ” », commente Yves Drapeau, conseiller technique fédéral. « Oui, il y a un moment, Pascal s’est trouvé au fond du trou. Je pensais qu’il pouvait faire quelque chose. Il vit vraiment une passion. C’est un vrai compétiteur, il aime bien être cadré, accepte la rigueur, mais, à un moment, ça suffit.?» La Fédération et le mouvement Sport adapté et l’ITTF (Fédération internationale de tennis de table), qui ont annoncé, dès janvier, la qualification de Pascal Pereira-Leal (premier Français qualifié pour les Jeux Paralympiques), rappellent qu’il entame sa 3e saison au club de l’AS Niort. Il ne présente aucun stigmate extérieur de la maladie mentale. Il souffre également d’une déficience intellectuelle (ce qui le qualifie pour le sport adapté au niveau international). Ce champion de tennis de table, sport adapté, a passé cinq années dans divers hôpitaux psychiatriques pour traiter une psychose aiguë qui a perturbé son adolescence avant d’entrevoir la lumière en 2005. Après avoir enfin trouvé le bon traitement qu’il doit suivre quotidiennement, Pascal a rapidement retrouvé sa passion : le tennis de table. «?Le sport adapté a été une thérapie, explique notre champion. Il m’a permis d’avoir confiance en moi. Aujourd’hui, je n’ai plus honte de parler de ma maladie. Je veux montrer un chemin aux autres : une personne différente peut s’en sortir grâce au sport adapté ».

Énergie positive
« Psychologiquement c’est difficile tous les jours, nous confie-t-il, mais c’est un rythme à prendre. Les trajets en voiture, par exemple, c’est pas facile nerveusement. Mais tout cela a un effet positif sur la maladie. Avec Sophie, mon amie que je connais depuis 3 ans et demi –présente à l’interview- on se tire l’un et l’autre vers le haut.?» « Le ping-pong ? », s’anime-t-il, « c’est mon sport préféré. Je ne pensais pas en arriver-là. J’avais un copain au catéchisme qui y jouait, on jouait dans sa cave. Je souffrais de troubles du développement, concède-t-il, sans s’attarder. Et puis, j’ai passé mon permis. J’ai pris contact avec Yves Drapeau. On a parlé. Les stages ont commencé, l’entraînement, les sorties internationales, le championnat d’Europe... Au prix d’efforts, militaires », précise-t-il. « Dans le domaine du sport adapté, Il faut prendre chacune des personnes avec son identité propre, accepter son identité autre », ajoute son entraîneur. « Il faut aussi que le sportif accepte d’avancer, qu’il sache ce qu’il est capable de faire. Dans le cas de Pascal, c’est clair. Il possède les mêmes ingrédients que les autres champions : il est battant, il peut se battre avec la pression et la transformer en énergie positive. Il veut gagner et sait, en même temps, emmagasiner les défaites ! » On lui souhaite bonne chance et plein de médailles ainsi qu’à tous nos champions du Paralympisme, handisport et sport adapté enfin réunis à Londres.


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